P47  FONDS COMITÉ DE MORALITÉ PUBLIQUE

1931-1976; surtout 1950-1960.

1,80 m de documents textuels. - 55 photographies.

Histoire administrative: Comité de moralité publique. Groupe de pression fondé à Montréal le 19 mars 1950, dans le but d'obtenir une enquête judiciaire sur la situation de la moralité publique dans la métropole. Devient, en février 1951, l'un des comités permanents de la Ligue d'action civique (parti politique montréalais). Objectifs : lutter contre toutes les manifestations publiques de l'immoralité; veiller à la préservation morale de la jeunesse et à ce que les autorités municipales, provinciales et fédérales fassent respecter les lois établies. Structures : comité exécutif (composé d'un président, d'un vice-président, d'un secrétaire-trésorier, d'une dizaine de directeurs et d'un vérificateur), secondé à partir de 1952 par un conseil d’orientation (formé de trente-sept membres et regroupant des industriels, des hommes d'affaires, des membres des professions libérales et des dirigeants du monde ouvrier), ainsi que par un comité féminin (dirigé par un exécutif composé de dix femmes). Composition de l'exécutif : président (Antoine Tremblay, 1950-1955; Félix-Adolphe Senécal, 1955-[196-]); vice-président (Félix-Adolphe Senécal, 1950-1955); secrétaire-trésorier (J.-Z.-Léon Patenaude, 1950-[196-]); directeur (1953 : Ruben Lévesque, Maurice Cusson, François-Albert Angers, J.-Robert Bonnier, Pierre Des Marais, Armand Dupuis, Gérard Filion, Roland Trudel, Lionel Vezeau); vérificateur (1953 : Henri-L. Bélanger). Moyens d'action : causeries, conférences, diffusion de dépliants et feuillets de propagande, organisation d'équipes locales et de comités de vigilance, action auprès des pouvoirs publics, publication d'un bulletin mensuel intitulé Action civique. Affiliations : Fédération abolitionniste internationale (Suisse) et Union internationale pour la protection de la moralité publique (France). Effectifs : 7000 membres en 1953, répartis dans huit provinces du Canada. Le Comité naît à la suite de la publication d'une série d'articles de l'ancien directeur adjoint du Service de la police de Montréal, Pax Plante, accusant les autorités policières et l'administration municipale de protéger le pari, le jeu et la prostitution. Le Comité dénonce ces agissements et réclame la tenue d'une enquête sur le jeu et le vice commercialisés à Montréal. L'enquête débute le 11 septembre 1950 sous la présidence du juge François Caron, de la Cour supérieure; les avocats Pax Plante et Jean Drapeau agissent comme procureurs des soixante-quatorze requérants et du Comité. Dans le jugement rendu le 8 octobre 1954, dix-huit officiers et deux directeurs de la police (Fernand Dufresne et Albert Langlois) sont reconnus coupables et condamnés à des amendes pour des actes de malversation, d'abus de confiance et d'inconduite dont les buts et les effets étaient de tolérer, de protéger et de favoriser le vice organisé. L'affaire ne prend toutefois réellement fin qu'en 1976, par le règlement hors cour d'une action en libelle intentée par Albert Langlois et sa succession. De 1955 à 1960, le Comité s'intéresse particulièrement à la question de la littérature immorale (vente de " journaux jaunes ", législation réglementant la vente de littérature obscène, etc.) et à la loi des liqueurs de Québec. En 1956, il fonde le Conseil provincial de moralité publique dans le but de coordonner les efforts entrepris dans toutes les régions du Québec en vue d'assurer le respect de la moralité publique et de lutter contre le jeu et le vice commercialisés. Après l'enquête Caron, le Comité diminue toutefois graduellement ses activités et cesse d'exister au début des années soixante. Publications : Étude juridique sur l’obscénité, [195-?]; Mémoire présenté par le Comité de moralité publique à l'honorable Edmond Davie Fulton, C.P., C.R., ministre de la Justice du Canada, [1959?]. Sources : catalogue Iris de la Bibliothèque nationale du Québec; fonds Comité de moralité publique.

Historique de la conservation: Les documents de ce fonds ont été remis à la Bibliothèque nationale du Québec en 1975, puis confiés en dépôt en 1983, par J.-Z.-Léon Patenaude, ancien secrétaire-trésorier du Comité. M. Patenaude en a autorisé le transfert au CRLG en 1985.

Portée et contenu: Le fonds témoigne de l'ensemble des activités du Comité de moralité publique. Il contient des documents officiels (documents constitutifs et procès-verbaux du comité exécutif, du conseil d’orientation, du comité féminin et du Conseil provincial de moralité publique); des listes de membres; des états financiers, des livres de comptabilité et des documents relatifs aux souscriptions; des textes de causeries et de conférences de J.-Z.-Léon Patenaude, Jean Drapeau et Félix-Adolphe Senécal; un mémoire sur l'obscénité; des communiqués de presse et des déclarations publiques; des circulaires, affiches et feuillets de propagande; des publications du Comité, dont le bulletin Action civique; de la correspondance échangée entre les membres et les sympathisants du Comité, parmi lesquels Mgr Paul-Émile Léger, Adrien D. Archambault, Alfred Charpentier, Jean Drapeau, Gérard Filion, Rodolphe E. Mackay, Maurice Ouellette, Roland Trudel, Paul Vinette, et les jésuites Joseph d'Anjou, Bernard Bourassa et Albert Plante; ainsi qu'une correspondance du Comité avec plusieurs organismes nationaux et internationaux, notamment l'Unesco, la Fédération abolitionniste internationale (Suisse), l'Union internationale pour la protection de la moralité publique (France) et l'Union internationale contre le péril vénérien (États-Unis). Outre des documents relatifs à l'enquête Caron (pétition et requête, listes et correspondance des requérants, documents juridiques, rapports du Service de la police de la Ville de Montréal, dossiers sur Albert Langlois, Pax Plante, etc.), le fonds contient aussi quelques dossiers d'enquête sur divers théâtres, cafés et grills de Montréal, sur les spectacles de Lily St-Cyr, Gipsy Rose Lee et Patachou, ainsi que sur les élections municipales et fédérales tenues en 1954 et en 1957 respectivement. Le fonds comporte également des coupures de presse sur le Comité et le Conseil provincial de moralité publique; de la documentation sur la Ligue de vigilance sociale, la littérature obscène, les maladies vénériennes, l'alcool et les drogues; des photographies prises à l’occasion d'une conférence d'Émile Muller (S.J.), d'une séance du film Captive city et d'un banquet en l'honneur d'Albert Langlois, ainsi que des photographies où l’on voit Lily St-Cyr ou des membres et sympathisants du Comité, notamment Pax Plante, Ruben Lévesque, Antoine Tremblay, Félix-Adolphe Senécal, Pierre Des Marais, François-Albert Angers, J.-Z.-Léon Patenaude, Jean Drapeau et Pia Colini Lombardi. Le fonds comprend 17 séries : historique et documents constitutifs; comité exécutif; conseil d’orientation; comité féminin; secrétariat; finances et financement; enquête Caron; enquêtes " maison "; activités de propagande; affiliations et relations extérieures; Conseil provincial de moralité publique; correspondance générale; mémoires; publications; documentation; coupures de presse; photographies.

Note sur la source du titre composé propre: Titre basé sur le nom du créateur du fonds.

Note sur les instruments de recherche: Répertoire numérique détaillé du fonds du Comité de moralité publique / par François David. – Outremont : CRLG, 1990. – 96 f.